10.12.2005
LA NOUVELLE WALLONIE LIBRE
Chers Amis de Wallonie libre,
II se passe des choses graves dans notre mouvement. À coup sûr, vous avez déjà remarqué qu'il a complètement disparu de la vie politique, alors même que la réalisation de son objectif — la sortie de l'État belge — est entrée dans les prévisions les plus courantes des leaders d'opinion. Son journal n'est plus que l'ombre de ce que j'en avais fait de 1970 à 1995, tant par le contenu, aujourd'hui largement fabriqué avec des ciseaux et un pot de colle, que par une publication de plus en plus épisodique. Sur tout cela, je suis coupable d'avoir limité trop longtemps ma réaction à des conseils et à des avertissements jamais entendus.
Mais ce qui me dé
termine à reprendre l'initiative, c'est le fait, inadmissible, que le président Jacques Dupont s'écarte d'une ligne doctrinale qui doit rester inflexible, n'importent les circonstances et les contraintes. Ébloui par ses contacts avec de hauts personnages du régime, il a voulu organiser une manifestation où, en dehors d'une commémoration académique du Congrès national de 1945, ils auraient eu la libre disposition du micro sans que leur soit opposé un point de vue séparatiste. Ce projet, élaboré malgré le vote contraire de la majorité du Directoire, a heureusement avorté à la suite des scandales de Charleroi et autres lieux. Mais ses préparatifs ont eu pour effet d'empêcher une évocation en forme correcte du congrès précité — dont le souvenir le plus vivace est la motion réclamant la réunion à la France. C'est d'autant plus lamentable que Wallonie Libre fut l'organisatrice de ces assises glorieuses entre toutes dans les annales du Mouvement wallon.Par dessus le marché
, ce fiasco s'inscrit dans une série de déviances qui contredisent depuis quelques mois les professions de foi indépendantistes de M. Dupont.Devant ce flottement doctrinal d'un esprit devenu aussi impré
visible que confus, j'ai décidé de prendre provisoirement la barre de Wallonie Libre, le temps de lui redonner un minimum de vitalité et de crédit intellectuel. Malheureusement, M. Dupont refuse de se soumettre à une élection devant une assemblée générale démocratiquement convoquée à bref délai (il se retranche derrière des prétextes pseudo-techniques pour s'y dérober sine die). Occupant la présidence depuis une dizaine d'années, sans renouvellement de mandat, il la croit peut-être acquise à vie.Ni le mouvement, au bord de l'extinction, ni moi n'avons de temps à
perdre dans des discussions orageuses et oiseuses sur ses égarements, avec lui et sa petite camarilla.Je vous annonce donc la cré
ation de LA NOUVELLE WALLONIE LIBRE. Je l'appelle ainsi par souci de clarté opératoire, car en fait c'est Wallonie Libre qui continue, rendue à son programme et à la vraie tonalité de ses combats. Une Wallonie Libre qui reste, cela va sans dire, séparatiste, non-partisane, ouverte à la collaboration avec tous ceux qui veulent arracher la Wallonie et Bruxelles à la catastrophe belgicaine, et au dialogue — mais sans concession sur le fond — avec toutes les forces politiques.Un Directoire se constitue sous ma direction, toute provisoire j'y insiste, car mon souhait est de la confier le plus vite possible à
quelqu'un en possession de forces neuves. Pour des raisons d'efficacité, vu l'état de nos ressources, j'ai passé un accord avec la revue Wallonie-France qui sera servie aux membres à partir de mars 2006, avec un bulletin intitulé «La Nouvelle Wallonie Libre». Cette formule permettra—
de leur assurer une nourriture intellectuelle consistante (la revue abonde en réflexions politiques, sociologiques, économiques et culturelles);—
de rétablir avec eux la régularité d'une communication à un rythme bimestriel.Je vous invite entre-temps, à
ne pas payer une cotisation à la Wallonie Libre usurpée, mais de verser 17€ au compte 068-2271983-76 de Wallonie-France à 4130 Tilff, avec mention "La Nouvelle Wallonie Libre".Vous me connaissez et vous me croirez quand j'affirme que j'assume à
regret, mais pénétré du devoir d'un militant wallon, une tâche qui m'oblige à prélever sur mes autres labeurs. Comptez sur ma fidélité, comme je compte sur votre foi en la victoire.Jacques Rogissart
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